Projet de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle du Yatenga

I. Contexte et justification

Le Burkina Faso est un des pays les plus pauvres du monde dont la population vit en majorité de l´agriculture de subsistance. A cause de sa situation géographique sahélienne, le pays est caractérisé par des circonstances hostiles à l´agriculture. Des déficits alimentaires répétitifs sont également dus à la forte pression sur les ressources naturelles (mono-cultures, défrichages).

Le problème de l’insécurité alimentaire est chronique chez les couches vulnérables de la population dans la Région du Nord. Cela est déterminé par deux éléments essentiels : d’un côté le faible accès à une nourriture diversifiée, de l’autre la faiblesse des revenus des ménages. C’est en effet la zone la plus pauvre du Pays, une situation qui dure depuis longtemps et qui ne connaît pas d’évolution. En 2003, l’EICVM révélait que 68,6% des ménages était en dessous du seuil de pauvreté ; la même donnée ressort de l’EICVM 2009. Pour cette partie de la population, le revenu annuel est inférieur à 600 Euros (300 à 350 € pour les « très pauvres » et 450 à 600 € pour les « pauvres »). Leurs récoltes, en année normale, couvrent à peine 45% à 60% de leurs besoins alimentaires, cela signifie que pour ces catégories la soudure a une durée entre 5 et 8 mois, ce qui explique que 67% des revenus d’un ménage très pauvre et 45% de ceux d’un ménage pauvre, sont dépensés pour acheter la nourriture de base (céréales). Or la Région du Nord, malgré les aléas de la pluviométrie et l’état de dégradation des terres, a un important potentiel ainsi qu’une spécialisation historique en termes de cultures maraîchère et de rente (niébé, sésame), outre que dans l’élevage de volaille et de petits ruminants. Néanmoins ces activités, passibles d’augmenter le revenu des ménages tout en le diversifiant, ne sont pas accessibles aux plus pauvres, justement à cause du coût élevé des intrants qui sont hors de portée de cette catégorie. Cette situation contribue à accroître leur vulnérabilité avec comme conséquence une forte prévalence de malnutrition.

Sur le plan national, 52% des décès des enfants sont dus à la malnutrition. Les causes de la malnutrition sont l´accès limité à des céréales (même dans des années normales, la période de soudure dure entre 5 et 8 mois), dans des habitudes alimentaires inadéquates, le manque d´accès à l´eau potable, l´hygiène inadéquate et le manque d´accès aux soins de santé.

En 2014 la Région du Nord a enregistré les taux de MAG (11,8%) et de MAS (2,6%) les plus élevés du Pays[1]. Le seuil d´alerte de l´OMS est de 10% pour la MAG et de 1,5% pour la MAS. Cette situation, photographiée en septembre 2014, s’est empirée au cours de l’année 2015 : la période de soudure 2015 a commencé en février et les ménages vulnérables, qui déjà en année normale dépensent plus de 2/3 de leurs revenus pour l’achat de céréales, ont dû appliquer des stratégies de survie consistant à la décapitalisation de leurs moyens d’existence.

En outre, les interventions attendues de certains partenaires n’ont pu couvrir qu’une partie minime des besoins. Tout d’abord, le plan de riposte du Gouvernement à la soudure 2015 n’a été financé qu’en minime partie par les partenaires ; en outre, la supplémentation alimentaire prévue par le PAM chez les enfants (blanket feeding) dans les Communes à risque (Kain, Barga, Koumbri, toutes inclues dans le présent projet), n’a commencé qu’à la moitié d’octobre pour un seul mois, alors qu’elle aurait dû couvrir la période août-novembre.

Ces deux éléments – les dépenses catastrophiques soutenues par les ménages vulnérables et l’aide alimentaire et non-alimentaire qui n’a pas pu être à la hauteur des besoins – ont ultérieurement aggravé la situation économique et nutritionnelle des ménages. La probabilité qu’une partie non négligeable des récoltes issues de la campagne agricole 2015 soit bradée pour supplier aux besoins immédiats des ménages est élevée : la conséquence primaire est la nécessité s’approvisionner sur les marchés dès les premiers mois de 2016, ce qui ne sera pas évident pour les ménages les plus vulnérables.

Cette spirale de pauvreté peut néanmoins être cassée par des interventions visant tout d’abord à soulager les besoins économiques et alimentaires dès l’installation de la soudure 2016, et en suite à installer des activités génératrices de revenus à la disposition et à la portée des ménages pauvres et très pauvres.

Ceci permettra non seulement un mieux-être économique de ces ménages, mais aussi et surtout un meilleur accès à une nourriture suffisante et diversifiée pour les populations et notamment pour les femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de 0-23 mois, cible prioritaire de toute action visant à réduire de manière durable l’incidence de la malnutrition aiguë et chronique.

Bien que quelques projets de différentes envergures soient actifs dans la Région, ces initiatives ne touchent ni les domaines, ni les Communes et villages que le présent projet vise, Les besoins identifiés sont issus de la situation que les ménages vivent au quotidien, besoins auxquels Help propose une réponse intégrée et complète afin de porter une amélioration durable aux conditions de vie des populations ciblées.

II. Objectifs du projet

 Objectif Général : Réduire l’insécurité alimentaire et l’incidence de la malnutrition chez les enfants 0-5 ans dans la province du Yatenga

Objectifs spécifiques

  • Renforcer les capacités productives agricoles des ménages
  • Accroitre l’accès des ménages aux denrées alimentaires par la diversification de leur source de revenus et l’augmentation de leur pouvoir d’achat
  • Réduire l’incidence de la malnutrition chez les enfants de 0 à 5 ans.

III. Cible et zones d’intervention

  • Zone d’intervention : province du Yatenga, communes de Barga, Kain, Koumbri et Oula.
  • Bénéficiaires directs du projet : 35 194 ménages vulnérables
  • Bénéficiaires finaux : 121 243 personnes représentant la population totale des communes de la zone d’intervention du projet.

IV.Durée et budget du projet

  • Durée : 30 mois soit du 1er décembre 2015 au 31 mai 2018
  • Budget total : 1 344 500 euros soit 881 934 186 francs CFA
  • Bailleur  : Ministère Allemand des Affaires étrangères

 

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[1] Source : enquête SMART 2014.

Mot de la Directrice Pays de Help
La vision de Help est un monde où tous les hommes, femmes et enfants peuvent vivre de manière autonome dans la dignité, la paix et la sécurité. Le contexte du Burkina Faso est marqué par un indice de (...)